Ville de brouillard, pays du Jasmin, ville des Lumières ou encore l’île rouge… les périphrases sont nombreuses pour qualifier le nom des villes ou des pays. Une double identité poétique, parfois stéréotypée et souvent historique. Trois mots valent parfois mieux qu’un livre pour raconter l’histoire d’un pays. Le rouge, le blanc, le noir suffisent à faire deviner le nom de l’Egypte, si encore on leur associe un aigle jaune, tandis que le soleil rouge fait tout de suite penser au Japon ou la feuille d’érable rouge à onze pointes rappelle le Canada.
L’histoire n’a rien laissé au hasard. Ces termes et expressions répondaient à une réalité historique, politique ou géographique. Les périphrases portaient à ce moment-là plus de sens et de poids que ne pouvaient le signifier les simples qualificatifs des villes ou des pays, selon Le Figaro. Derrière chaque mythe, il y a une origine avec une explication qui vaut la peine d’être découverte. Les pays et les régions suivants ne font pas exception à la règle. Alors préparez-vous pour plonger dans leur géographie et histoire pour voir de plus près l’origine des périphrases de certains pays et villes.
Le Progrès Egyptien vous propose cette liste non exhaustive des noms de régions, pays et villes dont la périphrase est plus retentissante que le simple nom.
La terre des Pharaons (Egypte)
Terre des dix plaies et où est née une des plus anciennes civilisations de l’Antiquité, l’Egypte est le pays où furent inventés vers 3300 avant J.C. les hiéroglyphes, principaux légataires de la culture et de l’histoire des Egyptiens. Durant près de trois millénaires, les Pharaons régnèrent en maîtres sur l’Egypte antique. Plus de trois cents d’entre eux nous sont parvenus grâce aux scribes égyptiens.
Le pays du couchant lointain (Maroc)
De l’arabe Al-Maghrib, « le couchant » ou du berbère « terre de Dieu », selon Jeune Afrique, le Maroc doit sa prononciation française à celle de la ville de Marrakech, prononcée en espagnol Marruecos. Situé à l’ouest du continent africain et au nord du Sahara, le pays tire sa périphrase à rebours des pays du « Levant » (l’orient arabe : Liban, Jordanie, Syrie, Irak). Par extension, le pays du couchant peut également désigner les Etats voisins d’Afrique du Nord, tels que l’Algérie et la Tunisie.
Parfois appelé « Extrême Occident », du fait de son point géographique, le Maroc peut également être retrouvé sous la forme d’ « Empire chérifien ». Une référence due à la dynastie chérifienne qui régna depuis le XVIIe siècle sur le pays. En 1957, un an après l’indépendance du Maroc, le pays fut renommé : Royaume du Maroc.
Le pays du Jasmin (Tunisie)
Symbole de beauté et désir en Orient, élixir d’amour pour Marc Antoine qui selon la légende serait parvenu à faire chavirer le cœur de la belle Cléopâtre sur son navire enduit de jasmin, la petite plante odorante est aussi et surtout la fleur blanche emblématique de la République tunisienne depuis son importation par les Andalous au VXIe siècle. Porteur d’un langage bien spécifique, le jasmin incarne pour le pays des valeurs qui lui sont propres, à savoir la pureté et la tolérance.
Le Croissant fertile (Palestine, Syrie, Liban, Irak)
Le Croissant fertile est une expression désignant une région biogéographique du Proche-Orient formant une bande de terres cultivables grâce à un climat suffisamment pluvieux, délimitée au sud par le désert de Syrie, à l’ouest par la mer Méditerranée et par les montagnes du Taurus et du Zagros au nord et à l’est. Le Croissant fertile désigne donc ces pays, entre autres, la Palestine, la Jordanie, la Syrie, le Liban et le nord et l’est de l’Irak. Ce terme fut introduit en 1916 par l’archéologue James Henry Breasted car l’arc formé ressemble à un croissant.
Le pays du Soleil-Levant (Japon)
En japonais, Japon se dit Nihon ou Nippon, ce qui signifie « Pays ou terre du Soleil-Levant ». L’origine de cette expression daterait de la missive du prince Shotoku adressée à son homologue chinois il y a près de 1500 ans et commençant ainsi « L’empereur du pays où le soleil se lève envoie une lettre à l’empereur du pays où le soleil se couche », la Chine se situant à l’ouest du Japon. L’expression se serait ensuite diffusée dans l’Archipel. De plus, au Japon, le soleil est un symbole positif fort. Une influence qui se retrouve d’ailleurs sur le drapeau national composé d’un cercle rouge sur fond blanc, représentant le soleil levant.
La ville du brouillard (Londres)
Londres et son brouillard sont presque indissolublement liés dans notre imagination. Le phénomène météorologique, reflété dans d’innombrables films et séries télévisées de mystère et d’intrigue, a popularisé le temps dans la capitale britannique, qu’il serait difficile de l’imaginer sans un brouillard dense ou une bruine presque perpétuelle. La raison pour laquelle Londres est la ville du brouillard peut avoir son origine dans son emplacement dans le bassin de la Tamise, les zones fluviales sont plus sujettes au brouillard que d’autres endroits. L’histoire nous offre aussi des explications à ce phénomène. Dès le Moyen-âge, les Londoniens utilisaient le charbon pour chauffer leurs maisons et cuisiner. Le problème était que ce carburant était mal consommé. La conséquence a été la production de beaucoup de fumée (smog) et peu de chaleur. La fumée, bien sûr, sortait des cheminées et il n’y en avait pas quelques-unes, pas des centaines, il y avait des milliers de cheminées expulsant les restes d’une mauvaise combustion. Cela plongea la ville dans un nuage gris et malodorant.
Ville Lumière (Paris)
Paris est la ville des Lumières. Selon l’une des explications, l’inventeur de l’éclairage au gaz, Philippe Lebon, promeut et développe son invention à Paris dans les années 1820. Dans les années 1830, le magnifique éclairage de Paris, en particulier de ses passages commerçants, fascine les Européens. Les Londoniens baptisant Paris « City of Lights », périphrase traduite en français par Ville Lumière ou Ville des Lumières. Néanmoins, cette hypothèse est contestée.
Seconde hypothèse : Au XVIIIe siècle, à cause de la montée de la criminalité dans les rues et les coins sombres de Paris, le Préfet demande à tous les habitants de mettre des bougies ou des lampes à huile sur le rebord de leurs fenêtres, ceci afin d’éclairer entièrement la ville.
Ce serait à ce moment là que Paris obtient le surnom de Ville Lumière.